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Journal d'un hot liner fou
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21 juin 2005

Le jeu, c'est dangereux... partie 2

Suite de l'article de Libé...

L'appât du pactole (100 000 euros au maximum, même si l'essentiel des gains se situe entre 100 et 1 000 euros), donc, n'explique pas tout. «Les joueurs racontent qu'ils ont eu beaucoup de plaisir à jouer : de la tension, puis une libération, un stress qui est soulagé, diagnostique Armelle Achour, psychologue et responsable de l'association SOS Joueurs. Ils sont prisonniers de cette recherche de sensations. Mais le premier gain, pas forcément important, peut aussi être décisif. Les joueurs vont ressentir quelque chose de magique, et ils auront envie de renouveler l'expérience.» La suite est un engrenage. «Avant, je jouais deux heures par jour, raconte Alfredo, 24 ans, sans emploi. Aujourd'hui, je me suis calmé. A cause de ma femme.» D'autres n'ont pas pu s'arrêter. «Ils vont miser des sommes de plus en plus importantes, deviennent de quasi-obsessionnels qui désinvestissent progressivement toute relation amicale et affective, poursuit Armelle Achour. Ce sont des fantômes, physiquement là, mais mentalement ailleurs.»

L'association recueille régulièrement les témoignages de ces possédés du Rapido. Celui de ce Parisien de 57 ans, père de trois enfants, employé dans un atelier de photocopies, qui, pour rembourser 70 000 euros de dettes de jeu, s'est embourbé dans des crédits revolving. Celui de ce retraité de 62 ans, qui, en un an, a joué toutes ses économies, soit 8 000 euros. Ou encore ce salarié du bâtiment de 45 ans, deux enfants, qui ne peut plus payer ni impôts, ni loyer, ni assurance, ni électricité.

Jean-Marc Buresi, directeur marketing de la FDJ, en convient : «Rapido a ce rythme qui peut inciter à jouer. C'est pour nous le produit qui présente le plus de risque d'entraîner des personnes fragiles, mais on le savait dès le début.» Pourtant, l'opérateur a bien dû se résoudre à un toilettage. «Une surveillance des pratiques dans notre réseau nous a amenés à prendre des mesures, en relation avec le ministère du Budget, poursuit Jean-Marc Buresi. Nous avons limité les mises de jeu à 1 000 euros, et non plus à 4 000, afin d'éviter d'avoir des joueurs qui se laissent entraîner trop loin. Mais notre rôle est de faire en sorte que les gens jouent dans de bonnes conditions, pas de les empêcher de jouer.»


(1) 08 10 60 01 15 (prix d'un appel local).

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