21 juin 2005
Le jeu, c'est dangereux... partie 1
Tiré d'un article paru dans Libé d'hier... Ca illustre bien mon propos d'hier !
Le produit phare de la Française des Jeux favoriserait une dépendance:le Rapido a trop d'accros qui banquent illico.
Il y avait déjà les forcenés du tiercé, les accros du casino. La
Française des Jeux (FDJ) a désormais, elle aussi, ses addicts. Ils
s'adonnent au Rapido, produit phare de l'opérateur, et sont apparus il
y a environ trois ans dans les statistiques de SOS Joueurs (1). En
2004, environ 15 % des clients de cette association ont succombé à
l'appel du Rapido. «La plupart des gens n'en font pas une maladie,
explique Marc Valleur, médecin chef à l'hôpital parisien Marmottan,
spécialisé dans les toxicomanies. Mais le Rapido est un jeu à
problèmes, le produit de la FDJ le plus accrocheur, avec plusieurs
caractéristiques des addictions : une perte de contrôle par rapport à
la consommation, la volonté, quand on a perdu, de rejouer pour se
refaire, et aussi des impulsions, des envies terribles d'aller jouer.»
A tel point que la FDJ a appuyé sur le frein, en mars, en réduisant le
montant des mises.
Basé sur des modèles de jeux de nombre étrangers, notamment le Loto
Express pratiqué en Suisse romande, le Rapido a été lancé en 1999. Et
s'est vite imposé comme une des meilleures gagneuses de la FDJ : 2
milliards d'euros en 2004, autant que le Loto, pour un chiffre
d'affaires total de 8,5 milliards. Le principe en est simple : une
grille avec huit numéros à cocher (sur vingt), un tirage perpétuel
toutes les cinq minutes entre 6 heures et minuit, soit 200 par jour ,
à suivre sur les télés de plus de 8 000 cafés. Et, selon les
pratiquants, un frisson instantané, bien loin du Loto ou des jeux de
grattage.
«Là, tu joues en direct, comme au tiercé», glisse entre deux tirages
Mohamed, 45 ans, agent de sécurité. «C'est un jeu de plaisir, comme les
machines à sous, confirme, sa grille posée sur le comptoir à côté de sa
bière, Françoise, 53 ans, inspectrice des impôts. Dans le Loto, il faut
attendre longtemps, on oublie qu'on a joué. Là, c'est rapide.» Guy, 54
ans, décorateur, vient de gagner 30 euros après en avoir misé 2 : «Les
gens pensent pouvoir gagner tout de suite, dans la minute qui suit.» Le
docteur Marc Valleur voit même dans cette émotion subite, imminente, la
principale cause d'addiction : «Dans les loteries à tirage différé, les
gens cherchent du rêve. Ça dure longtemps. Avec le Rapido, c'est de
l'adrénaline immédiate, la tension du dernier moment. Il y a un moment
extrême où on peut gagner, où tout est possible.»
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